Homéotéleute

L’homéotéleute consiste à utiliser des mots qui riment dans une même phrase dans un texte en prose, ou à l’intérieur d’un même vers dans un texte versifié.

      • «La commère qui fit cela était une gorgone appelée madame Victurnien, gardienne et portière de la vertu de tout le monde. Madame Victurnien avait cinquante-six ans, et doublait le masque de la laideur du masque de la vieillesse. Voix chevrotante, esprit capricant. Cette vieille femme avait été jeune, chose étonnante. Dans sa jeunesse, en plein 93, elle avait épousé un moine échappé du cloître en bonnet rouge et passé des bernardins aux jacobins. Elle était sèche, rêche, revêche, pointue, épineuse, presque venimeuse; tout en se souvenant de son moine dont elle était veuve, et qui l’avait fort domptée et pliée. C’était une ortie où l’on voyait le froissement du froc.»
        (Hugo, Les Misérables)

Dans cet extrait, madame Victurnien, une collègue de travail de Fantine, vient de découvrir que cette dernière avait une fille cachée. Pour lui nuire, elle la dénonce auprès de ses supérieurs. Victor Hugo fait ici un portrait à charge de cette femme en montrant tous ses défauts. Les deux homéotéleutes reposent sur des adjectifs péjoratifs qui se terminent par les mêmes sonorités ([ɛʃ] pour la première; [øz] pour la seconde). Par ce procédé, il ajoute des sonorités désagréables qui viennent conforter la personnalité détestable de madame Victurnien.