Définition:
Nom féminin.
Une antithèse consiste à utiliser des mots ou des idées de sens opposés dans un même texte.
Exemple:
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- «Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait? Nulle offense»
(La Fontaine, Fables, «Les animaux malades de la peste»)
- «Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
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Analyse:
Dans cet aveu hypocrite du Lion, La Fontaine construit une puissante antithèse en opposant le vers «J’ai dévoré force moutons» au vers suivant «Que m’avaient-ils fait? Nulle offense». La figure repose sur le contraste direct entre l’abondance du massacre («force», qui signifie «beaucoup de») et l’absence totale de culpabilité des victimes («nulle»). Cette confrontation d’idées opposées remplit plusieurs fonctions cruciales dans la fable.
Tout d’abord, elle met en relief la cruauté et la tyrannie du pouvoir. L’antithèse souligne la disproportion monstrueuse entre l’acte commis (tuer massivement) et sa justification (aucune). Par ce contraste, La Fontaine montre que le Lion n’obéit à aucune justice, mais uniquement à la loi du plus fort et à ses «appétits gloutons». Les moutons sont sacrifiés alors qu’ils sont parfaitement innocents.
Par ailleurs, elle souligne l’hypocrisie de la confession du Lion, qui fait semblant de s’accuser pour donner l’exemple aux autres animaux. L’antithèse lui permet de surjouer la clémence et le remords. Cependant, le ton léger et la rapidité avec laquelle il évacue la question («Que m’avaient-ils fait? Nulle offense») prouvent qu’il n’éprouve aucun regret réel.
Enfin, elle annonce la grande injustice finale de la fable. Cette première antithèse prépare le terrain pour le dénouement de l’histoire, qui repose lui-même sur une antithèse politique majeure. Le lecteur comparera la confession du Lion à celle de l’Âne: le Lion, coupable de force meurtres, sera blanchi et acclamé, tandis que l’Âne, coupable d’avoir tondu l’équivalent de la largeur de sa langue dans un pré, sera condamné à mort.