Amphitryon 38: mais 38 quoi?

Connaissez-vous Amphitryon? Ce héros de la mythologie grecque est resté célèbre pour une mésaventure bien involontaire: être devenu le mari trompé le plus célèbre de l’Olympe, après que le dieu Zeus a pris son apparence pour séduire sa femme, Alcmène.

Cette histoire de quiproquo divin a inspiré les plus grands dramaturges à travers les âges. Plaute dans l’Antiquité, puis Molière au XVIIe siècle, y ont trouvé la matière de comédies mémorables. Mais lorsqu’en 1929, l’écrivain Jean Giraudoux s’empare à son tour du mythe, il lui attribue un titre pour le moins énigmatique: Amphitryon 38… À quoi peut bien correspondre ce nombre, au juste?

Les hypothèses ne manquent pas lorsque l’on découvre la pièce pour la première fois. S’agit-il du nombre de personnages qui s’agitent sur scène? De la quantité de scènes qui composent l’intrigue? Ou peut-être tout simplement du personnage principal dans l’intrigue?

La réponse est beaucoup plus originale. Selon l’auteur lui-même (et nous choisirons de lui faire confiance), il s’agirait de la trente-huitième adaptation théâtrale de cette célèbre histoire!

Si les historiens de la littérature estiment qu’il y en a eu en réalité bien plus (ou un peu moins) au fil des siècles, ce chiffre farfelu résume à lui seul l’humour de l’auteur: une manière élégante de dire qu’il réécrit un grand classique, mais en y apportant sa propre touche de modernité.