Définition:
Nom masculin.
Le parallélisme (aussi appelé parallélisme syntaxique ou parallélisme de construction) consiste à construire deux phrases sur le même modèle syntaxique.
Exemple:
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- «Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville»
(Verlaine, Romances sans paroles, «Ariette III»)
- «Il pleure dans mon cœur
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Analyse:
Dans ce célèbre poème, Verlaine utilise un parallélisme syntaxique parfait en superposant deux vers construits sur la même architecture grammaticale: sujet + verbe + groupe nominal prépositionnel (complément circonstanciel de lieu). Cette symétrie rigoureuse de la phrase produit plusieurs effets poétiques essentiels.
Tout d’abord, le parallélisme syntaxique permet de fusionner le paysage intérieur et le paysage extérieur. En calquant la grammaire de son cœur sur celle du ciel, Verlaine efface la frontière entre l’homme et la nature. La tristesse intime du poète («mon cœur») et la météo de «la ville» deviennent une seule et même réalité. Le parallélisme syntaxique rend cette équivalence indiscutable: la pluie devient la traduction physique des larmes.
Ensuite, il crée une musique lancinante et hypnotique. La répétition de la même structure crée un rythme de balancement régulier, presque monotone. Cette cadence imite le bruit répétitif et entêtant des gouttes de pluie qui tombent sur le sol ou les fenêtres, berçant le lecteur dans la mélancolie du poème.
Enfin, il met en relief les correspondances sonores. L’exacte similitude de la construction force le lecteur à comparer les mots qui occupent la même place grammaticale. Cela fait ressortir le lien intime entre les verbes «pleure / pleut» (qui partagent la même racine sonore) et les noms «cœur / ville», renforçant l’harmonie globale de ces deux vers.