Contexte et origines du mouvement:
Les deux guerres qui ont frappé le monde entier lors de la première moitié du XXe siècle entrainent les écrivains à s’interroger sur la condition de l’homme et sur l’absurdité du monde dans lequel on vit. Constatant la perte des repères religieux et moraux, ils font face au non-sens de l’existence. Les situations qu’ils vont faire vivre à leurs personnages visent entre autres à remettre en cause le manque de communication entre les peuples.
Période:
Milieu du XXe siècle.
Axes principaux:
- Montrer l’absurdité du monde: mettre en scène le vide de l’existence et l’absence de sens logique de la vie humaine.
- Dénoncer les pouvoirs totalitaires: utiliser la parabole littéraire pour critiquer l’oppression et l’embrigadement idéologique.
- Critiquer le manque de communication entre les hommes: montrer la solitude profonde de l’individu incapable d’échanger réellement avec autrui.
- Partager son angoisse de l’avenir: exprimer l’inquiétude face à un monde destructeur et instable.
Caractéristiques d’écriture:
- Déshumanisation des personnages: procédés qui visent à transformer les personnages en marionnettes, en clowns ou en êtres mécaniques dépourvus d’identité solide.
- Style assez dépouillé: utilisation d’une langue simple, parfois minimaliste, répétitive ou destructurée (monologues sans fin, silences, répliques qui s’enchaînent sans logique).
- Rupture avec les conventions formelles: au théâtre, abandon de l’intrigue traditionnelle, des actes réguliers et de la psychologie des personnages; dans le roman, déconstruction de la chronologie et de la figure du héros.
Thèmes principaux:
- La fatalité de la vie: la routine mécanique du quotidien (le fameux «métro-boulot-dodo») et la marche inéluctable vers la mort.
- La défense de valeurs universelles pour dénoncer les abus de pouvoir: l’éveil de la conscience et la nécessité de la révolte morale face à l’injustice.
- L’échec de la communication: les dialogues de sourds, le langage qui tourne à vide et l’incapacité des mots à dire le réel.
Genres concernés:
- Le roman: idéal pour explorer le flux de pensée et l’étrangeté face au monde.
- Le théâtre: le «Nouveau Théâtre» ou théâtre de l’absurde, espace privilégié de la mise en scène du vide.
Principaux écrivains:
- Samuel Beckett (En attendant Godot, Fin de partie, Oh les beaux jours…).
- Eugène Ionesco (La Cantatrice chauve, Rhinocéros, La Leçon…).
- Albert Camus (L’Étranger, La Peste, Les Justes…).
Texte théorique:
- Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.