Contexte et origines du mouvement:
Le mouvement parnassien est créé en réaction au lyrisme souvent exagéré du romantisme. Lassés par les épanchements du «moi» et les complaintes sentimentales, les auteurs veulent mettre en avant que la poésie se suffit à elle-même.
Théophile Gautier, précurseur de ce mouvement, affirmera dans une formule célèbre: «Tout ce qui est utile est laid.», allant donc explicitement à l’encontre de la poésie lyrique et de la poésie engagée. C’est la naissance de la doctrine de «l’Art pour l’art»: l’art n’a pas à servir une cause morale, politique ou sociale; son seul but est d’être beau.
Période:
Seconde moitié du XIXe siècle.
Axes principaux:
- Montrer la beauté de la langue: travailler le poème comme un artisan sculpte une matière précieuse (recherche de la perfection technique).
- Rejeter le lyrisme et l’engagement social ou politique: refuser l’expression des sentiments personnels ou intimes de l’auteur.
- Rejeter l’engagement social ou politique: isoler l’art des débats et des utilités du monde contemporain.
Caractéristiques d’écriture:
- Rejet de la première personne: disparition presque totale du «je» au profit d’une poésie impersonnelle.
- Procédés visant à l’objectivité: emploi de descriptions précises, de formes fixes exigeantes (le sonnet) et d’une régularité métrique absolue pour masquer la présence du poète.
- Lexique mélioratif: utilisation d’un vocabulaire noble, riche, touchant souvent aux arts plastiques, à l’architecture ou aux matières précieuses (marbre, or, gemmes).
- Comparaisons et métaphores: utilisées pour figer le sujet dans une beauté intemporelle et plastique, presque minérale.
Thèmes principaux:
- La beauté: célébrée comme un idéal absolu, pur et éternel.
- Les mythes: recours massif à l’Antiquité gréco-romaine, aux civilisations disparues et à l’archéologie, perçues comme des modèles de perfection.
- Le rêve: évocations de contrées lointaines, d’exotisme ou de songes érudits.
Genre concerné:
- La poésie.
Principaux écrivains:
- Leconte de Lisle (Poèmes barbares, Poèmes tragiques…).
- Sully Prud’homme (Stances et Poèmes, Les Vaines Tendresses…).
- José-Maria de Heredia (Les Trophées).
Texte théorique:
- Théophile Gautier, préface de Mademoiselle de Maupin.