Définition:
Nom féminin.
L’allégorie consiste à représenter une idée abstraite par un objet ou un être vivant.
Exemple:
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- «[…] l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.»
(Baudelaire, Les Fleurs du mal, «Spleen»)
- «[…] l’Espoir,
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Analyse:
Dans ce dénouement tragique du poème Spleen, Baudelaire fait cohabiter deux allégories majeures: celle de l’Espoir et celle de l’Angoisse. Ces sentiments intérieurs et abstraits prennent vie sous les yeux du lecteur grâce à des majuscules personnifiantes, des verbes d’action («pleure», «plante») et des adjectifs anthropomorphes (réservés aux humains: «vaincu», «despotique»). Cette mise en scène théâtrale et violente permet plusieurs niveaux d’interprétation.
Tout d’abord, on peut le voir comme un combat militaire et politique. Baudelaire utilise le lexique de la guerre et de la tyrannie («vaincu», «despotique», «drapeau»). Le poète n’est pas juste triste: son esprit est le terrain d’une bataille que l’Espoir a perdue. L’Angoisse est présentée comme un dictateur cruel qui prend le pouvoir par la force.
Ensuite, cela matérialise une défaite totale. Le geste de «planter son drapeau noir» est un symbole fort de colonisation ou de victoire militaire. En précisant que ce drapeau est planté «sur mon crâne incliné», le poète montre la soumission physique et intellectuelle de son être. La tête, siège de la pensée, est désormais le territoire officiel de l’Angoisse.
Enfin, elle correspond à l’expression d’un mal-être absolu: le spleen. Le contraste entre l’Espoir qui «pleure» (attitude passive et enfantine) et l’Angoisse qui agit avec brutalité montre que le poète a perdu toute force de résistance. L’allégorie donne un corps et un visage au désespoir, le rendant plus effrayant qu’une simple description psychologique.